L'or a prolongé sa progression pour une quatrième séance consécutive, se rapprochant du seuil des 4 300 $ scruté de près par les marchés et touchant son plus haut niveau depuis la mi-juin. Ce mouvement fait suite à une séance exceptionnelle en début de semaine, durant laquelle le métal jaune avait bondi d'environ 4 % à 5 %, sa meilleure performance journalière depuis février, ce qui amène les traders à se poser une question familière après tout rallye rapide s'étalant sur plusieurs séances : s'agit-il du début d'une véritable cassure, ou d'une nouvelle fausse alerte appelée à s'estomper avant d'être confirmée ?
Ce rallye repose sur trois piliers qui se renforcent mutuellement plutôt que sur un seul catalyseur. Le premier concerne les devises et les taux. Le dollar américain s'est affaibli face à un panier de devises majeures, et les rendements des bons du Trésor se sont détendus en parallèle. Un dollar plus faible rend l'or moins coûteux pour les acheteurs transigeant dans d'autres devises, tandis que des rendements plus bas réduisent le coût d'opportunité de détenir un actif non rémunéré comme le métal jaune, qui ne verse aucun intérêt et ne génère aucun flux de trésorerie tant qu'il reste stocké. Lorsque ces deux facteurs évoluent simultanément en faveur de l'or, comme cela a été le cas cette semaine, le métal a tendance à bénéficier d'un soutien disproportionné.
Le deuxième pilier est l'apaisement du risque géopolitique. Des informations selon lesquelles des discussions progresseraient vers un désamorçage des tensions autour du détroit d'Ormuz ont fait reculer les cours du pétrole brut, ce qui atténue à son tour une partie de l'inquiétude inflationniste qui s'accumulait sur les marchés. Une inflation attendue plus faible compte pour l'or de deux manières : elle réduit la probabilité que les banques centrales doivent maintenir une politique restrictive plus longtemps, et elle abaisse le rendement réel, ajusté à l'inflation, que les investisseurs obtiendraient autrement en détenant des liquidités ou des obligations à court terme plutôt que du métal jaune. Les traders devraient considérer cela comme une évolution réelle mais encore en cours, et non comme une issue diplomatique définitive. Les marchés ont déjà réagi avec enthousiasme à des annonces de progrès sur ce front, pour voir les tensions ressurgir par la suite ; c'est pourquoi une confirmation par une désescalade vérifiée et durable importe davantage qu'un simple titre d'actualité.
Le troisième pilier réside dans une évolution de la manière dont le marché anticipe la prochaine décision de la Réserve fédérale. Les attentes d'un nouveau resserrement monétaire lors de la prochaine réunion se sont atténuées au cours des dernières séances, et un resserrement moindre soutient généralement l'or, car il réduit l'attrait relatif des placements porteurs d'intérêts. Il convient d'être précis sur ce point : les probabilités exactes impliquées par les marchés de taux à court terme ont évolué rapidement et ont été rapportées de façon incohérente par différents fournisseurs de données cette semaine ; les traders devraient donc considérer ce changement comme un signal directionnel réel, à savoir un allègement des paris sur un resserrement supplémentaire, plutôt que de s'ancrer sur un chiffre précis et unique.
À cette dynamique des taux s'ajoute un signal du marché de l'emploi apparu en début de semaine. Les données sur l'emploi privé ont montré que les employeurs n'ont créé que 44 000 emplois en juillet, un net ralentissement par rapport au total révisé du mois précédent et un chiffre inférieur aux attentes des économistes. Ce chiffre d'embauche plus faible dans le secteur privé renforce l'idée que le marché du travail pourrait ne pas avoir besoin d'un resserrement supplémentaire pour se refroidir, ce qui explique en partie le repli des rendements et du dollar qui a suivi. Ce contexte est directement lié au rapport gouvernemental sur l'emploi, plus scruté encore, attendu vendredi, pour lequel le consensus prévoit une amélioration modérée par rapport au chiffre décevant du mois précédent, tout en restant bien en deçà du rythme d'embauche auquel les investisseurs s'étaient habitués plus tôt dans le cycle.
Ce rapport de vendredi constitue sans doute le catalyseur le plus important à court terme pour la prochaine évolution de l'or. Un résultat plus faible que prévu renforcerait probablement le scénario actuel : un ralentissement de la demande de main-d'œuvre, une pression réduite sur la Fed pour resserrer davantage sa politique, et un contexte favorable aux actifs non rémunérés. À l'inverse, un chiffre plus solide qu'attendu pourrait rapidement inverser le mouvement récent des rendements et du dollar, mettant à l'épreuve la volonté des acheteurs d'or actuels de conserver leurs positions face à une surprise statistique moins favorable. Étant donné qu'une grande partie du rallye de cette semaine repose sur l'hypothèse d'un ralentissement ordonné du marché du travail, une surprise dans un sens comme dans l'autre présente un potentiel disproportionné pour faire bouger les prix.
Sur le plan technique, la zone comprise entre environ 4 150 $ et 4 300 $ est devenue le principal champ de bataille du marché. Une clôture durable au-dessus de la limite supérieure de cette fourchette, idéalement confirmée sur plus d'une seule séance, renforcerait l'hypothèse d'un véritable prolongement de tendance plutôt que d'un simple rebond technique lié à des rachats de positions vendeuses. À l'inverse, un rejet des niveaux actuels suivi d'un repli vers la zone des 4 000 $ à 3 950 $ viendrait étayer l'interprétation plus sceptique d'un faux signal, en particulier si ce mouvement coïncide avec un retournement du dollar ou une remontée des rendements. Les traders devraient également surveiller si les indicateurs de momentum montrent que le métal devient suracheté à court terme, car quatre hausses quotidiennes consécutives d'une telle ampleur peuvent rendre un marché vulnérable à une correction technique brutale, même si la trame macroéconomique sous-jacente reste intacte.
Il convient également de prendre du recul pour mesurer le chemin parcouru par l'or depuis ses sommets du début de l'année. Le métal reste sensiblement inférieur aux niveaux observés avant une période de tensions géopolitiques et inflationnistes prolongées plus tôt en 2026, et la progression de cette semaine, bien que notable, n'a permis de combler qu'une partie de ce repli. Ce contexte a son importance pour le calibrage des positions : un rebond de quatre séances au sein d'une structure correctrice plus large ne présente pas le même profil de risque qu'une cassure inédite vers un territoire inexploré, même si les deux peuvent sembler similaires sur un graphique à court terme.
Pour les traders actifs, la conclusion pratique est de considérer la progression de cette semaine comme constructive, mais pas encore confirmée. La combinaison d'un dollar plus faible, de rendements en baisse, d'anticipations d'inflation en recul liées à la détente des prix du pétrole, et d'un allègement des paris sur un resserrement monétaire, dresse un tableau cohérent et multifactoriel en faveur de la vigueur de l'or. Mais chacun de ces piliers reste sensible à des annonces soudaines et à des surprises statistiques, en particulier autour du rapport sur l'emploi de vendredi et de toute évolution concernant le dossier diplomatique au Moyen-Orient. Une approche disciplinée consiste à considérer la zone des 4 150 $ à 4 300 $ comme la ligne qui déterminera probablement si ce mouvement devient durable ou s'il s'agit d'un nouveau rallye qui s'essouffle une fois les catalyseurs immédiats digérés.
Les signaux inter-actifs confirment pour l'instant la même lecture directionnelle. Les rendements réels, c'est-à-dire le rendement des obligations d'État ajusté de l'inflation, se sont détendus en parallèle des rendements nominaux du Trésor, ce qui constitue habituellement l'indicateur le plus direct de la demande d'or émanant des investisseurs institutionnels et macroéconomiques. L'argent métal a globalement suivi la progression de l'or sur la même période, ce qui témoigne d'un véritable regain d'intérêt pour les métaux précieux plutôt que d'un simple squeeze technique propre à l'or. Les achats des banques centrales, qui constituent depuis plusieurs années une source de demande persistante pour le métal jaune, sont un autre facteur que les traders devraient garder à l'œil, même si leur rythme n'est pas communiqué en temps réel ; une demande soutenue du secteur officiel offrirait un plancher structurel en cas de repli à court terme, tandis qu'une pause dans ces achats pourrait retirer l'un des soutiens les moins visibles de la tendance haussière plus large observée en 2026.
MC Markets ne cite aucun niveau de marché précis sans vérification indépendante des données. Les traders sont invités à confirmer les cours actuels et le calendrier des événements auprès de leurs propres flux de données de marché avant d'agir sur la base de l'un des niveaux évoqués ci-dessus.
Analyse de trading
La durabilité du rallye dépendra probablement du rapport sur l'emploi de vendredi et de la poursuite du mouvement du dollar et des rendements du Trésor au cours des prochaines séances. Une clôture durable au-dessus de la zone de résistance des 4 150 $ à 4 300 $, idéalement confirmée par une surprise défavorable sur les chiffres de l'emploi, renforcerait l'hypothèse d'un véritable prolongement de tendance vers les prochains objectifs techniques au-delà de 4 300 $. Un rejet des niveaux actuels, en particulier s'il s'accompagne d'un chiffre de l'emploi plus solide que prévu ou d'un retournement du dollar et des rendements, viendrait étayer l'interprétation d'un faux signal et ouvrirait la voie à un retest de la zone des 4 000 $ à 3 950 $. Après quatre séances consécutives de hausse, les traders devraient également surveiller les signes d'épuisement à court terme, indépendamment de la trame macroéconomique, car des corrections brutales liées au momentum peuvent survenir même au sein d'une structure haussière par ailleurs intacte. Le calibrage des positions devrait tenir compte du risque événementiel à double sens entourant les données de vendredi, ainsi que du caractère encore incertain et non confirmé du dossier diplomatique au Moyen-Orient.